PERSONNELLES
Chimères - Ateliers Gabrielle Sissoko, Gorée, mai 2025
Transmission. Musée de la Femme Henriette Bathily, Dakar- du 27 janvier au 1er mars 2023
Osmose. Galerie de l’Hôtel Saukhamon, Dakar. Commissaire d’exposition Marynette Jeanrod. 2021
Galerie Ataya, Saint Louis, Sénégal . 2014
Biennale de Dakar OFF, Sakhalart Medina, et Restaurant Big Five, 2012
COLLECTIVES
Resonances, Galerie Kaloum, le Cube, Dakar. Juin 2026
Ecole Supimax, Dakar - Biennale de Dakar OFF 2024
UFF : Le Relai, Dakar et Galerie des Ateliers de Ngor - Biennale de Dakar OFF 2022
Salon Geew bi, galerie virtuelle de l’Institut Français de Dakar et catalogue, 2020 .
Centre de la CEDEAO pour le développement du genre, Dakar, 2017
Galerie des Ateliers de Ngor, Dakar, 2012 à 2013
Galerie Rodier, Paris IXème, 2009
Galerie Assémian Abidjan, 2008
Galerie Valérie H, Paris, 2002
Galerie Herouet, Paris III (avec les Ateliers de N’gor), 2001
Galerie des Ateliers de Ngor, Ile de N’gor, Dakar, de 1997 à 2001
« Ne vous fiez pas à la gaité de ces grands aplats de couleur, à ces rivières d’eaux délavées, à ces yeux trop grands qui vous regardent. Suivez les coulées de sable, les flots transparents et vous finirez par y trouver le sang et l’acier. De la poésie d’une œuvre haute en couleurs qui s’élabore en terre africaine, jaillit toute la violence d’un monde fracturé dont l’artiste Laure Malécot se fait l’ardente messagère ». Nathalie Philippe, auteure et éditrice
Par une touche chargée de couleurs et de lumières, la peinture de Laure Malécot s’exprime par ses profondeurs, des épaisseurs d’images projetées, qui se superposent sur la toile sans jamais vraiment se figer. Dans un registre parfois figuratif et expressif (« Menaces », « Terra Nostra », « Mère Nature et le Patriarcat »), parfois abstrait, nébuleuses aux ambiances éthérées (« Refuge », « Light in Cosmos », « Life in Cosmos »), ou encore à travers des fresques cosmogoniques, mythologies façonnées par les symboles (« Hors des bulles », « Evasion enflammée », « Osmose naturelle »), l’artiste déploie un nuancier des sentiments que lui inspirent les société malades qui peinent à prendre au sérieux les urgences climatique. Pour Laure Malécot, tout débute par une angoisse, une profonde prise de conscience qui libère les désirs d’action. « La conscience écologique naît en réponse à une peur. Tant que tu n’as pas peur, tu vis avec la nature sans te poser de question. Pour moi, ça a été le nuage de Tchernobyl (en 1986). Ce n’est qu’ensuite que j’ai commencé à regarder de plus près ce qui se passait. » L. Malécot.
Chacune des toiles de Laure Malécot était à l’origine un horizon désertique, une vaste étendue d’eau, un ciel ou le cosmos ; autant de paysages inertes qui laissent aux possibles la place de prendre forme. Peu à peu, elle les recouvre, elle les peuple d’histoires et de vie. Ces formes de vies ne sont pas souvent anthropomorphes, car selon elle les végétaux, présences animales et autres entités non-humaines doivent plus que jamais avoir une place importante dans nos systèmes de pensée. En effet, pour Laure Malécot l’humain a trop longtemps cru être au centre de toute chose.L’artiste se place à contre-courant d’une idéologie dominante qui veut que l‘humain soumette son environnement à ses lois et contraigne son écosystème à respecter ses besoins et ses conditions ; créer de la valeur marchande sur des ressources qui appartiennent au règne du vivant. Pour agir face à cette doctrine mortifère, Laure Malécot a conscience du rôle que les artistes doivent continuer à endosser ; celui d’injecter dans la société et dans le cœur des gens l’émotion des splendeurs de leur planète, tout autant que le frisson de les voir s’éteindre. Avec un cynisme qui dissimule une profonde préoccupation, Laure Malecot rappelle que l’objectif de toucher le cœur des puissants est inatteignable, mais que le dénouement de notre histoire se jouera surement ailleurs, à plus petite échelles ; celles des modestes initiatives, celles de créer des moments de magies, d’alchimies, celles de se permettre de s’émouvoir des harmonies de couleur, d’images, de musiques et de mouvements, des beautés de la liberté des arts et de s’en enchanter au quotidien.
Laure Malécot s’inscrit dans un héritage d’artistes éco-féministes** qui cherchent à montrer en quoi puiser dans un registre du sensible et croire dans l’énergie vitale de la terre-mère peut aujourd’hui se révéler un acte de résistance. L’émotionnel étant souvent discrédité sous prétexte d’irrationalité, oser l’affirmer n’est pas naïveté. C’est un acte courageux.
Marinette Jeannerod, commissaire d’exposition